21 Jul 2010

Harcèlement de Paco Gómez Nadal: Lorsque l’élément nouveau est précisément l’absence d’éléments nouveaux.

Plus de 15 jours après, Paco Gómez Nadal, représentant légal et membre de HREV au Panama, journaliste et écrivain, n’a reçu aucune communication officielle de l’Autorité Nationale de Migration (ANM) clarifiant son statut migratoire.

Les faits

Le 4 juillet 2010, Paco Gómez Nadal a été informé, alors qu’il souhaitait se rendre en Colombie via l’aéroport international de Tocumen, de l’existence d’un arrêté lui interdisant de revenir au Panama. Il a en outre été retenu 4 heures à l’aéroport et s’est vu confisquer sa carte de résident panaméen et son passeport espagnol, ce qui a entraîné l’intervention de l’ambassade espagnole.

Pour en savoir plus sur le comportement irrégulier et arbitraire de l’ANM ; sur l’interdiction d’entrée, l’interdiction de sortie ultérieure et les menaces de révocation de la résidence légale de Paco Gómez Nadal au Panama ; sur les changements d’argumentation donnés par l’ANM pour justifier ces mesures et sur l’absence de fondement légal et de véracité de ladite argumentation, démontrée immédiatement par Paco Gómez Nadal, consulter:

• Le gouvernement veut intimider les journalistes [en espagnol] (lire interview...)

• Lettre publique de soutien à Paco Gómez Nadal [en espagnol] (lire la lettre...)

• Bitácora del Presidente [le blog du Président] (13/07/10). Journal électronique panaméen El Siglo Digital [en espagnol] (lire article du président du journal...)

Préoccupations

Nous sommes préoccupés par l’hermétisme et le caractère arbitraire dont a fait preuve l’Autorité Nationale de Migration dans cette affaire, en violation du droit fondamental à une procédure en bonne et due forme.

Nous sommes préoccupés par les motifs, dénués de fondement juridique valable ou directement erronés, avancés par l’ANM (à travers un communiqué de presse) pour justifier les interdictions d’entrée et de sortie, ainsi que par leur caractère fluctuant ("trois versions différentes d’un fait totalement arbitraire" [en espagnol]). Au vu de cette manière de procéder et de la situation générale que vit le pays, nous craignons que les autorités puissent fabriquer d’autres motifs, tels que ceux indiqués lors d’une conférence de presse par Paco Gómez Nadal lui même : « Maintenant, il ne leur reste plus qu’à dire que je suis narcotrafiquant ou guérillero" [en espagnol]. Nous sommes inquiets pour son intégrité physique et sa sécurité.

Nous sommes préoccupés par le fait que Paco Gómez Nadal, et donc HREV, a été mis dans l’impossibilité de réaliser son travail de défense des droits humains en Colombie. Son immobilisation au Panama l’a empêché d’assister des communautés victimes de violations des droits humains dans le Chocó et a interrompu les travaux en cours dans deux projets de communication et de défense des droits en Colombie mis en œuvre par HREV et par des organisations colombiennes.

Nous sommes préoccupés par le fait que les autorités ont placé Paco Gómez Nadal dans une situation d’insécurité juridique qui porte atteinte à ses droits fondamentaux, met sa vie en danger et l’empêche de poursuivre son travail de diffusion de l’information et de défense des droits humains au Panama et en Colombie. Nous rappelons le devoir de promotion et de protection des droits humains et des libertés fondamentales qui incombe à l’État panaméen. Nous rappelons également qu’il convient de respecter, soutenir et promouvoir la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme des Nations unies * , adoptée par consensus par l’Assemblée Générale des Nations unies et fondée sur des principes universellement reconnus.

Enfin, nous sommes préoccupés par l’atteinte portée à la liberté d’expression et à la liberté de la presse au Panama, du fait du harcèlement dont font l’objet Paco Gómez Nadal ainsi que d’autres journalistes.


*Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l’Homme et les libertés fondamentales universellement reconnus. Assemblée Générale des Nations unies, mars 1999.

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